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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 08:00

Ces derniers jours, j’avoue avoir été totalement anéantie par l’ardeur de la tâche qui nous attendait en voyant cet hiver si froid arriver si vite ! Ici, le cauchemar de l’année dernière a déjà recommencé dans des conditions au moins similaires. Les canalisations ont gelé et l’eau doit être distribuée au seau.

 

Je regardais mon fils de 24 ans avec une profonde admiration mais également une grande tristesse. Depuis près de deux heures, il se débattait à rouler une botte de foin, s’arrêtant pour reprendre son souffle avant de recommencer et tout cela afin de nourrir les moutons situés à cinq cents mètres du lieu de stockage du foin. Il en avait déjà emmené sept autres dans divers bâtiments, Cela lui a pris presque toute l’après-midi pour l’ensemble du domaine et il faut recommencer tous les deux jours. Du fait qu’un tracteur n’est absolument pas envisageable à l’heure actuelle, une brouette assez large pour pouvoir rouler les bottes de foin sans qu’elles n’arrivent dans les bâtiments couvertes de terre, de boue ou de neige est la seule solution que nous pouvons envisager. Bouleversant !

Nous avons regroupé afin de mieux les nourrir, nos « mémés brebis » et « pépés béliers » ainsi que nos handicapés, faibles ou malades. Mais tous avaient froids malgré tout et nous avons essayé, avec des bâches récupérées, de leur faire un petit coin à eux. Ce matin, lors de ma visite, je les ai retrouvés heureux de pouvoir s’y réfugier mais malheureusement tous ne peuvent s’y rendre faute de place.

Et que dire du reste ?

Hier, nous avons également trouvé une toute jeune chatte grelottant au milieu des bottes de foin. Elle n’est pas encore adulte mais sa maigreur est indescriptible. En ce moment, elle dort au chaud dans la cuisine avec les quatre autres chats et les deux chiens qui sont arrivés chez nous un peu de la même manière eux-aussi. Elle continuera sa vie avec nous.

Lorsque je suis allée voir les chevaux afin de leur donner des granulés et du foin, leurs sabots dans la neige sans autre abri que la nature et leurs grands yeux tristes m’ont anéantie. Je peux si peu pour eux.

Nous sommes toujours aussi seuls au domaine, mais je reprends espoir. Il y a quelques jours, un groupe de  jeunes qui ne sont pourtant ni végétariens, ni actifs dans le monde animal et encore moins dans celui des animaux de ferme ont visité le domaine sur les conseils d’un parrain et ont téléphoné pour essayer de nous aider à trouver une solution pour ce toit à réparer et peut être aussi pour un abri pour les chevaux.

J’ai relevé la tête ce matin, le courage est toujours présent. Pour eux, pour tous ces animaux qui comptent sur nous, pour ces animaux que j’ai promis de sauver un jour, je vais me battre de toutes mes forces !

Le message doit passer, nos conditions de vie doivent être connues.  Je vais contacter les médias, profiter d’internet qui est un outil informatique incroyable. Je vais frapper à toutes les portes. Tant qu’il y aura encore des portes…

Je veux aller au bout de ce sauvetage. Nous sommes prêts, mon fils et moi-même, à  continuer de lutter pourvu que nous trouvions une solution durable pour nos pensionnaires mais également pour faire prendre conscience que les animaux dits « de ferme » ne sont et ne seront jamais plus que de la viande sur pattes !

Il est grand temps que les consciences s’éveillent.

 

Article du domaine des Douages de Dominique Mauer  

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commentaires

catherine 10/06/2011 20:06


Oui,bien sûr,complètement d'accord ! Continuons d'accueillir autant que nous le pouvons. ma fille a aussi ramené une ponette ,sauvageonne,promise à l'abattoir.....Ne perdons pas de vue que le
combat en amont soit que la consommation d'animal baisse,baisse,baisse.....Que ce soit poule lapin mouton cheval escargot ou poisson.....Les habitudes,rurales surtout,sont bien ancrées...Je dois
sans arrêt justifier mon végétarisme alors que...c'est la norme....Même au sein des "amis des animaux" bcp considèrent qu'il y a ceux qu'on protège de la mort et de la souffrance,et ceux qui sont
des aliments "car il faut bien manger".....La route est longue,mais bien sûr,cela n'empêche pas,au contraire,de se mettre en chemin.....


domy 16/06/2011 14:23



vous avez raison, la route sera longue et sinueuse....Le chemin n'en est qu'à son début, mais espérons qu'au fil de ce chemin nombreux seront ceux qui nous rejoindront!!!



catherine 10/06/2011 18:34


Bonjour,
je prendrai le temps de terminer la lecture de ce long article dès que j'aurai un moment,mais j'apprécie aussi la relation que j'entretien avec la dernière de mes deux brebis,récupérées dans un
élevage ,élevées au biberon.je voulais leur donner une vie sans abattoir.Une des deux est morte à plus de 10 ans,sans connaitre l'équarissage non plus!le pb est que c'est un puits sans
fond.....sans arrêt des agneaux naissent dans les élevages qui iront,eux à l'abattoir...qu'on ne peut recueillir tout le monde,et si quand bien même on le pouvait,d'autres naîtraient.....je suis
dans l'yonne,ne suis pas agricultrice,ai eu énormément de pbs avec les services vétérinaires qui veuelnt à tout prix que j'identifie mes brebis et que je paye une cotisation.je tiens bon depuis
plus de 10 ans!!!!!!je refuse d'être assimilée à une pourvoyeuse de viande! Bon courage dans votre tâche et bravo!.catherine


domy 10/06/2011 18:58



Bonjour,


Je sais que le problème est un puit sans fond...Tout comme chacune des actions de protection des animaux en général...Dès que 10 dix chats ou chiens ont pu trouver un adoptant, dix, voir quinze
autres arrivent, tout aussi misérables et dans le besoin!! Le cercle sans fin...Pourtant, est ce cela qui fait abandonner les animaux à leur sort de souffrance?? Non!!Chacun de ceux ou celles qui
sont dans la protection animale se remettent chaque jour à l'ouvrage sans relache, sans chercher plus loin que le fait que des êtres sensibles et intelligeants ont besoin de nous ...


Des millions d'animaux sont abattus tous les jours!! Cela veut dire quoi d'en sauver...1....100....700  ??? Pas grand chose en réalité mais pour les rescapés c'est une vie en cadeau!!! C'est
connaitre les saisons!! C'est vivre avec des congénères en toute quiètude une vie que chaque animal serait en droit d'avoir...



Chris 14/12/2010 21:48


Ce blog nécessite des commentaires, autrement personne va le voir. Voilà donc le premier, Marie-Hélène et moi, on va essayer de continuer de te contacter de cette manière. Bises à vous trois.


AIDEZ NOUS A SAUVER LE DOMAINE DES DOUAGES

 

  Domaine des Douages

 

Présentation du Domaine

 

 

Le domaine des Douages est un refuge créé en 2009, il s'étend sur 90 hectares et se situe dans la Nièvre. Ce sanctuaire donne la chance à 750 moutons , tous issus d'élevages, sauvés de l'abattoir, de vivre  paisiblement le reste de leur vie. Ces animaux ont été sauvés par Dominique, ancienne éleveuse, et son fils Jonathan. Tous deux s'occupent à pleins temps des moutons et autres pensionnaires. Aucune reproduction, ni selection, ici les bêtes sont à l'abri de toutes formes d'exploitation : un havre de paix pour béliers et brebis ainsi que tous les autres pensionnaires.

 

Le 15 mai 2014, nous avons ouvert une page de soutien pour sauver les moutons du domaine des Douages aujourd'hui en danger. un grand merci pour votre aide !

 

Si vous préfèrez verser un don par chèque, virement ou mandat rendez vous sur cette page.

 

 

Reportage diffusé le 12 janvier 2014 au journal régional France 3 Bourgogne 

 

Reportage diffusé le 23 avril 2014 au journal régional France 3 Bourgogne 


 

  Cliquer ici pour signer la pétition afin sauver le Domaine des Douages

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous contacter

   domainedesdouages@yahoo.fr

 

  logo2

 

 

Association Domaine des Douages

58240 Chantenay Saint Imbert

 

Tel : 09 63 69 53 53